Chant premier

Au cœur du champ du verbe, une promesse : obtenir le beau en piochant dans l’insipide banalité des choses.

C’est toute la métamorphose de notre perception du monde qui est au centre de cette alchimie ; car la mission de l’artiste, son génie ou sa magie, était de nettoyer nos yeux et de déchirer le voile épais des choses utiles et domestiques.

Quand la lumière fut, le miracle eut lieu.

Le rideau disparaît. Un monde nouveau émerge devant nous : des formes défilent, des choses s’animent et des contrastes fusent de partout.
La matière, le matériau et le métal se délivrent de leur épaisseur et épousent le filtre translucide des couleurs et des lumières.

La matrice se fait chair et la chair est dotée d’une âme…

Un seuil est franchi :

En deçà de la porte, on perçoit les stéréotypes de la carte postale.
Au-delà, on suit, à notre grand étonnement, un glissement progressif dans les arcanes du vivant, un cheminement joyeux dans les plis de la mémoire, puis un mouvement culminant jusqu’au vertige de la rencontre suprême : L’œuvre de l’Artisan est happée par le souffle créateur de l’Artiste.

Plus l’artiste pétrit cette matière vivante, plus il la détache, la délivre de la pesanteur des contingences.

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Classé dans littérature maghrébine

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