Les intermittences de l’Autre chez H. Béji

           Après un demi-siècle d’indépendance, l’heure est venue pour en faire le bilan et poser cette grave question : La décolonisation a-t-elle tenu ses promesses ?  C’est autour de cette question que s’articule l’essai de Hélé Béji Nous, décolonisés.  Là, le ton adopté vire au désenchantement, pour reprendre l’expression employée par l’auteure elle-même il y a presque trente ans dans un essai sur la décolonisation  Désenchantement National 2 où elle a déjà décrypté les conditions du dévoiement des promesses du nationalisme.

Dans le présent essai, H. Béji élargit la réflexion à l’ensemble du monde décolonisé, dans le but de mesurer et d’évaluer la trajectoire de l’Histoire complexe des rapports entre Nous et les autres, c’est-à-dire entre ex colonisés et ex colonisateurs. Ce bilan s’articule autour d’une démarche qui consiste à identifier les composantes du moi du colonisé à travers le miroir que lui tend l’ex colonisateur. Dans ce sens, le Nous que désigne le titre renvoie, par ricochet, à « Vous »  que l’énonciateur du texte interpelle constamment.

Le « Vous » représente l’ex-puissance coloniale qui nourrit, aux yeux du décolonisé, à la fois la révolte et la fascination, la colère et l’adhésion, parce que cet interlocuteur qu’interpelle l’énonciateur, au gré d’un soliloque accusateur, incarne tour à tour l’ennemi à battre et paradoxalement le modèle à suivre. Si bien que la relation qui lie ces deux actants est d’autant plus ambiguë et ambivalente que son mode de fonctionnement exclut toute simplification unilatérale ou immuable. La preuve que chez H. Béji, la figure de l’Autre, c’est-à-dire celle de l’Européen, est essentiellement intermittente. Et c’est précisément cette exigence de la nuance qui autorise H. Béji à changer constamment d’optique et à cerner le rapport entre Nous et les Autres  au gré du paradigme de l’attirance et du rejet, ou encore du mimétisme et de la rupture.

En effet,  il s’établit tout le long du texte un face à face insoutenable et violent entre Nous et Vous qui se traduit tantôt par la défense de l’un et la condamnation de l’autre, tantôt par un plaidoyer en faveur de ce dernier et un réquisitoire à l’encontre du premier. Autrement dit, il n’y a dans cette altérité guère de place pour le manichéisme, dans la mesure où les traits du décolonisé et ceux de l’Européen ne sont pas figés ou immuables, puisqu’ils ne sont tous les deux ni foncièrement diaboliques, ni totalement innocents. Bien au contraire, ils intervertissent successivement leurs statuts, au point que tout le développement argumentatif de l’auteur semble avoir épousé la structure du chiasme. Pour H Béji, l’antagonisme entre le décolonisé et l’ex colonisateur ne peut se réduire à une simple opposition entre tradition et modernité, ou entre la sensibilité de l’un et le rationalisme de l’autre.

 

 

Le Procès de l’Occident :

 

Nous, décolonisés est structuré autour du paradigme de l’antagonisme entre l’Occident et les pays ex colonisés. C’est ainsi que dans l’euphorie triomphante de l’indépendance, le décolonisé n’hésite pas à souligner en sa faveur l’écart qui le distingue et le privilégie par rapport à l’autre : « Tu es faible, je suis fort ; tu es le passé, je suis l’avenir » p 14. Cet inversement de la relation entre maître et esclave ou entre dominant et dominé aurait marqué un nouvel épisode dans l’histoire du monde, grâce à l’avènement de l’ère post coloniale. Cependant, les positionnements ont beau changer ou s’inverser, la relation hiérarchique entre les deux n’en demeure pas moins solidement maintenue, avant comme après l’indépendance, puisqu’on est en face de la même dissemblance et de la même et irréductible inégalité entre le puissant civilisé et le pauvre rude et inculte : « Hier j’étais un « sauvage », aujourd’hui je suis un « non démocrate » (p46).

Là l’écart prend une telle ampleur qu’il couvre aussi bien l’aire géographique (Nord / sud, Ici / là-bas, le bon côté / le mauvais côté) que le domaine éthique (alors que l’individualisme a aliéné l’Occident, le décolonisé demeure doué d’une généreuse humanité). Mais l’opposition la plus radicale est celle qui place l’Européen du côté de l’intelligible ou de la rationalité, alors qu’elle rattache le décolonisé à « la pureté du sensible ». Nous retrouvons là, la classique dualité entre nature et culture. Ce qui explique la raison pour laquelle l’Européen, en perdant le contact avec la nature, a sombré dans une insoutenable contradiction : les valeurs qu’il avait brandies en vue de  civiliser  « le bon sauvage » sont maintenant reniées, si bien que sa culture est devenue « une caricature des Lumières dont elle se réclame. » (p206). Aux yeux de l’énonciateur de l’essai de H. Béji,  l’Européen dispose toutefois d’un remède qui peut lui permettre, s’il l’adopte, de rejoindre l’état original des Lumières : développer les facultés naturelles qu’il trouve chez le bon sauvage (p207). Autrement dit, le maître doit apprendre de son esclave, comme Robinson Crusoé de son compagnon sauvage Vendredi. La preuve qu’on ne sort pas indemne de son comportement de colonisateur, car en oubliant les racines de son humanisme universel et en transgressant ainsi la règle de l’échange et de la réciprocité avec le bon sauvage, l’Européen voit ses facultés de discernement décroître et péricliter : « Il ne sait plus vraiment ce qui se passe en lui, il perdu son génie ethnologique, cette prescience des autres, cette curiosité où l’autre, même sous son attrait exotique, le touchait » (p203).

Piégé par les miroitements de la convoitise et de l’exploitation des terres conquises en toute immunité, l’Européen se laisse gagner par la volonté de puissance et par le « calcul hégémonique » (p47). Là, l’ouvrage de H. Béji prend à son compte toute la morale anticolonialiste, en soulignant plus particulièrement les effets pervers et cruels des rapports de force entre dominant et dominé, et démasque l’illusion du progrès que déclame l’Européen et que le décolonisé marmonne à tort, telle une utopie aliénante. En effet, en s’inscrivant dans une filiation directe avec la pensée rousseauiste, H. Béji bat en brèche tout développement qui mise sur le perfectionnement  des techniques, mais déshumanise l’homme en maintenant scandaleusement la distance entre puissances occidentales et pays décolonisés : « Le progrès est paradoxalement facteur de retard ! Car l’Occident sera toujours en avance de quelques longueurs, et nous toujours en arrière et essayant de  le rattraper » (p49).

L’écart entre les deux ne cesse de se creuser au point que la différence se mue en différend. D’où ce procès intenté à l’Occident, en l’accusant tantôt de forger une fausse image de l’Orient, afin de masquer les stigmates et le cauchemar qui le rongent et d’ériger à leur place un écran d’exotisme trompeur : « Les charmes de l’Orient » (p199) sont une invention de l’Occident ; tantôt d’afficher et de défendre les valeurs de la démocratie et des droits de l’homme, tout en reléguant  le décolonisé en citoyen de seconde zone, rejeté derrière un implacable rideau de fer : «  C’est la leçon de démocratie que l’Europe donne à ses anciens colonisés, tout en les sommant de devenir démocrates. Où que l’on aille, désormais, il nous faut un visa ». (p198)

 

De la différence à la rivalité :

 

En dépit d’une longue énumération des méfaits causés par le colonialiste d’hier ou la puissance hégémonique d’aujourd’hui, le décolonisé n’a qu’un rêve, qu’un projet : fuir, quitter le pays qu’on l’on vient à peine de reconquérir (p200) pour aller chercher refuge chez l’ancien ennemi. S’agit-il là d’un comportement maladif ou peut-être névrotique ?

Pour cerner les mobiles de cette attitude, H. Béji propose deux explications, l’une endogène, l’autre exogène, mais toutes les deux en rapport direct avec la problématique de l’altérité.

En effet, dés le début de son essai, H. Béji constate que la libération nationale n’a pas donné la liberté et s’oriente vers l’opposé de l’idéal qu’elle annonçait (p18), car le décolonisé n’a pas fini avec la domination et la soumission violente à l’ordre établi. La preuve que les pouvoirs locaux ont « adopté des manières de gouverner calquées sur celles des administrateurs coloniaux […] Nous nous sommes montrés aussi brutaux entre nous que lorsque nous étions colonisés » (p18-19). L’évocation de la violence est récurrente dans la société post coloniale, si bien qu’elle a fini par épouser la forme d’un véritable traumatisme, tel un destin implacable qui ronge le bon sauvage d’hier et le non démocrate d’aujourd’hui : « Nous nous sommes montrés aussi brutaux entre nous que vous l’avez été à notre égard du temps où vous vouliez nous éduquer » (p208).

Rien n’a changé dans l’ordre des choses, même après l’avènement de la décolonisation. Il y a toujours un Autre qui  se cantonne imperturbablement dans sa position de dominant. L’Autre a certes une nouvelle identité, puisqu’il est le concitoyen ou le compatriote, mais il garde la même conduite autoritaire et implacable que son prédécesseur au pouvoir. Ce qui est de nature à troubler la relation avec lui, parce qu’il n’est pas l’étranger, mais le compagnon de lutte  d’hier avec qui le décolonisé avait partagé les mêmes rêves, adhéré aux mêmes aspirations et participé aux mêmes actions de résistance. Cet autre occupe l’aire intime de ma propre histoire. Impossible donc de me détacher de lui ou de marquer une distance par rapport à  sa trajectoire. Cet autre m’habite au point que son souffle est indissociable du mien. La seule distance qui me sépare de lui est l’équivalent de celle qui sépare moi de moi-même : « Tant que je luttais contre l’étranger, tout semblait clair. Désormais, c’est à moi-même que j’ai affaire, et tout se brouille » (p40). C’est pourquoi en acceptant de s’exiler auprès de l’ex puissance coloniale, le décolonisé s’arrache à une partie de lui-même. Il part désenchanté, mutilé,  avec de surcroît une grande part de ressentiment qui le ronge.  Il quitte son pays avec le rêve de découvrir un monde miroitant qui lui renvoie toutes les belles choses qu’il ne connaît pas dans son pays d’origine. Mais, partir, c’est mourir, même si ce départ nourrit l’espoir de renaître, ressusciter de ses cendres, comme le phénix : « On rêve de changer de peau, d’identité, de race, d’espèce, de religion. On veut la rupture avec nos attaches. On aime tout ce qui ne nous ressemble pas. » (p200)

La dissemblance, la différence, voilà le terme clé de la question de l’altérité. L’écart, comme nous venons de le souligner plus haut, est grand entre les deux cultures du Nord et du Sud, de l’Ici et de là-bas, l’une d’imprégnation chrétienne et l’autre à tonalité musulmane, l’une qui savoure encore la conquête  d’un empire et l’autre qui traîne les séquelles du colonialisme. Entre le décolonisé et l’Européen la différence est d’autant plus grande que le premier se débat dans l’urgence de défendre une identité lézardée, alors que le second revigore sans cesse sa prétention à l’universel.

 

De l’usage de l’Autre :

 

Dans ces conditions, qu’est-ce qui pousse le décolonisé à choisir  l’exil dans le pays de l’ancien ennemi. Autrement dit, la situation dans le pays d’origine, jugée critique, justifie-t-elle à elle seule la volonté de quitter les siens et chercher refuge chez l’ex colonisateur ? On ne peut répondre à ces questions tant qu’on ne prend pas en considération le fait que c’est par le truchement de la différence qu’on éprouve le besoin de s’approcher de l’autre afin de le découvrir pour mieux se découvrir : « Mon adversaire me révéla ce que le commerce avec moi seul m’aurait dérobé dans un monologue indigent » (p32). Dans cette perspective, le colonialisme n’est pas été rejeté en bloc. H. Béji se garde de céder à un quelconque manichéisme et reconnaît l’apport de l’école coloniale qui « portait en elle la fin de la colonisation, grâce au programme républicain de laïcité et de liberté » (p28). Et voilà que le procès  du colonialisme vire en reconnaissance ou hommage rendu, si bien que l’ouvrage semble être en écho avec l’essai de Tzvetan Todorov Nous et les Autres. Comme chez ce dernier, H Béji pense aussi que l’humanisme du siècle des Lumières avait de réelles résonances avec le projet colonial, malgré le comportement cruel et hégémonique des autorités coloniales.

Il apparaît donc évident que la différence  entre moi et l’Autre est le socle de tout élan vers lui, dans un geste motivé tout à la fois par le mimétisme et l’aversion, par la fascination et le rejet. Pour expliquer la nature de cette ambivalence, H. Béji démontre que la décolonisation est occidentale dans « sa soif de justice et de liberté », autant qu’ « anti-occidentale par sa quête de soi, d’un retour aux sources, d’une renaissance de sa mémoire où le salut du moil’emporte sur son étouffement par l’Autre ». (p214) Le décolonisé se trouve ainsi au cœur d’un dilemme : un attrait de la modernité et en même  temps refus de participer à l’occidentalisation du monde,  voire un retour à la tradition. Dans ce cas, la différence ne se réduit pas à un écart ou une hiérarchie, dans la mesure où le moi veut obtenir et accéder à ce qui appartient à l’Autre. La différence secrète donc une réelle rivalité.

Dans ce sens le rapport avec l’autre, comme l’explique H. Béji, charrie des promesses et des menaces, un souci d’intégration et des dangers d’antagonisme. A ce niveau, H. Béja rejoint, par ricochet, la thèse de René Girard qui développe à son tour la nature de ce désir exacerbé de convergence et de ressemblance du décolonisé avec l’Occident. Dans un entretien R. Girard indique que « l’erreur est toujours de raisonner dans les catégories de la différence, alors que la racine de tous les conflits, c’est plutôt la concurrence, la rivalité mimétique entre des êtres, des pays, des cultures. La concurrence, c’est-à-dire le désir d’imiter l’Autre pour obtenir la même chose que lui, au besoin par la violence […] Les rapports humains sont essentiellement des rapports d’imitation, de concurrence »5. Il y a donc au cœur de l’altérité un objet de convoitise, un intérêt fébrile pour quelque chose de précieux que l’Occident possède et que le décolonisé veut bien acquérir, atteindre, s’en emparer… Ce qui est en jeu dans la relation du décolonisé avec l’Autre, l’Européen, ne relève ni d’une crise d’identité (p203) ni de la quête d’une mystique (p 202), ni d’une quelconque spiritualité revigorée, ni encore d’un nationalisme exacerbé. Ce qui est en jeu, c’est essentiellement la richesse qu’affiche la société de consommation avec abondance et débauche : « La société de consommation nous toise comme une déesse inflexible. Mais elle est notre premier alphabet, note premier berceau, notre nouvelle racine. Elle nous élève comme une marâtre, par des brimades. On la hait. On l’adore. Elle le premier conte qu’on ait entendu, sans prince charmant ni belle  au bois dormant, et la méchante fée est toujours victorieuse. » (p 201)

S’il y a une image proposée par l’auteure qui définit le mieux la nature de cette relation fondée sur la rivalité, c’est bien l’expression « douloureuse fraternité » (p43). Cet oxymore, qui associe deux éléments habituellement incompatibles, renvoie dans ce contexte à deux entités, encore inachevées, mais forcées à se rapprocher et à négocier impérativement leur co-naissance. Faute de quoi, elles seront condamnées à naviguer séparément dans un monde d’ombres et d’illusions. Dans ce sens, l’altérité, telle qu’elle transparaît dans l’essai de H. Béji, n’est pas un face à face frontal entre deux consciences autonomes, mais une conscience médiane et intersubjective, tournée tout à la fois vers l’identitaire et vers l’universel et qui doit accepter de perdre un part de soi pour pouvoir accueillir la vérité du monde : « Qu’est-ce qu’une culture autochtone ? Rien par elle-même. Mais elle devient originale et précieuse dans sa relation avec le monde, même quand celui-ci l’agresse […] Elle veut lui montrer sa valeur en se mesurant à la sienne. » (p31-32).  Cela signifie que la construction du Moi passe par une douloureuse confrontation avec l’Autre, par  une rivalité que nourrissent la désillusion (p42), l’expérience de l’échec et jusqu’au renoncement à l’estime de soi-même. (p41) Aussi est-ce pour cette raison que dans son rapport avec l’Autre, le décolonisé semble être gagné par le mal du ressentiment qui est la marque de la fascination à l’envers : « Il en est resté chez les décolonisés un profond ressentiment. La paix véritable n’est pas entrée dans les cœurs »(p22) C’est pourquoi entre Nous et les Autres, les rapports sont troublants, difficiles, tendus, parce que la connaissance de soi ne peut être obtenue qu’au prix d’un vif courage d’affronter, non seulement l’Autre, mais aussi nos propres limites et notre orgueil : «  Nous manquons d’humilité et, dans cette angoisse de découvrir, en nous  mesurant aux autres, nos limites, nous nous livrons à des excès pour ne pas affronter humblement ce que nous sommes »(p42).

Le but suprême de la confrontation avec l’Autre s’articule essentiellement autour de l’acte de connaître et de découvrir les constituants du champ interculturel et intersubjectif de cette confrontation. Autrement dit, avant même qu’émerge le credo de la tolérance, de l’entente ou du commerce franc et serein, la relation avec l’Autre est régie par un principe cognitif.

De ce point de vue, l’altérité chez H. Béji suppose donc que la connaissance précède le respect, ou encore que la conscience de soi devance la morale.  La colonisation est perçue ainsi comme une expérience ontologique tout à la fois douloureuse et salutaire, une épreuve violente et féconde, comme n’importe quelle autre expérience de l’altérité qui nous immunise contre la déliquescence  et d’assurer notre salut : « Si détestable qu’il ait été, le colonialisme m’a communiqué quelque chose qui m’a donné confiance en moi-même. Il faut parfois passer par cette cruelle épreuve qui nous instruit de notre perte, afin de nous rendre évidente la nécessité de notre salut. »  (p32)

 


 

1- H. Béji,  Nous, décolonisés,  Paris; Aléa, 2008, p. 16 « Voici venu le temps des vérités amères ! ».

2- Hélé Béji Désenchantement National (Essai sur la décolonisation) Edition François Maspero, Paris, 1982

3- Nous, décolonisés, op. cit. , pp 22-23

4-  Commentant la pensée du siècle des Lumières, notamment les textes de Condorcet et de Gérando, Todorov note que « Le projet colonial, plus proche des rêves des évangélisateurs que de la pratique des conquistadores du XVI°  siècle, ne vise pas l’occupation et la soumission, mais l’intégration des pays colonisés dans un projet universaliste, et, par là, leur élévation au niveau de la métropole » Nous et les Autres, p285, Editions du Seuil, Paris, 1989.

5- « Le Monde », mars 2001

 

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans littérature maghrébine

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s